De la stabilité technologique

Ces dernières semaines, la dernière version d’iOS, le système d’exploitation qui fait fonctionner vos iPhones et vos iPad (la version 11), a été le feu de critiques nourries en raison de son absence de stabilité. Ce qui est d’ailleurs le cas de toutes les versions d’iOS. « Apple, ce n’est plus ce que c’était… », « On n’a jamais eu une version aussi buggée d’iOS ! » ou encore «  C’est de l’obsolescence programmée », voire même « Tu n’as qu’à passer sur Android »… Les réactions usuelles ont fusé.

Pourtant, à y regarder de plus près, il n’y a pas eu un rythme de mises à jour plus important que pour les précédentes versions et au final, les problèmes sont probablement aussi nombreux que pour les versions précédentes. Oui mais voilà, on est toujours plus exigeants sur nos outils technologiques, surtout ceux du quotidien, et l’on a toujours l’impression que nos problèmes sont les plus importants, qu’on ne les compare à ceux des autres ou ceux du passé. Et pourtant, à la place d’Apple, je redoublerais d’efforts pour soigner la stabilité de ces mises à jour tant elles doivent être propice au changement vers des alternatives telles qu’Android, et ce, à double titre :

  • Le fait que cette « nouvelle » version n’apporte pas les tant attendues fonctionnalités, qui existent ailleurs ;
  • Le fait que la présence de « bugs » suscite une impression de stabilité ailleurs, quand bien même ces bugs ne soient présents que quelques semaines. C’est désormais trop pour les utilisateurs exacerbés que nous sommes.

Ce constat m’a interpelé et m’a permis de faire un rapprochement avec un sujet de discussion abordé sur Twitter il y a quelques jours : celui de la sempiternelle recherche des meilleurs outils, ou plutôt, devrais-je dire, des outils toujours meilleurs. En effet, nombreux sont ceux qui constatent actuellement passer plus de temps à chercher ou appliquer de nouvelles méthodes de travail, qu’à produire ou réaliser les tâches prévues.

Pour ma part, j’ai résolu depuis pas mal de temps ce problème dont je pouvais être victime et ce, à l’appui de quelques points que je vous livre ici :

  • J’ai accepté d’utiliser des outils imparfaits. L’outil parfait, celui dont on se satisfera pour toujours, comme l’homme ou la femme parfaite, comme le job de vos rêves, comme plein d’autres choses en fait, est une chimère et n’existe pas. Il y a toujours un défaut, un problème, un truc que vos outils font moins bien que d’autres. Et il ne me parait pas très réaliste d’affirmer sans faille avoir choisi l’outil parfait et qu’il le restera.
  • J’ai décidé de ne plus y perdre de temps, comme j’ai décidé d’arrêter de fumer il y a maintenant des années, comme j’avais réussi à arrêter de passer du temps dans des jeux vidéo tels que World of Warcraft et tout comme j’ai décidé de travailler mon rythme de sommeil en me couchant plus tôt. Si l’on se plaint de passer trop de temps à tester de nouveaux outils, c’est que l’on n’a pas décidé d’économiser du temps là-dessus.
  • J’aime l’imperfection. Elle rend un outil plus humain. Je crois que, par certains aspects, disposer d’outils imparfaits me rassure, tant une technologie qui serait exempte de défauts me donnerait l’impression que le rôle de l’Homme s’efface. J’ai par exemple testé un Google Home mini et je dois dire que si, globalement, c’est très bien pensé, il y a quand même un volume de problèmes encore énormes pour ce type de technologie qui continue à la rendre humaine. Préféreriez-vous confier une partie de votre vie à une technologie parfaite, qui s’effacerait totalement ?

Soyons clairs, les évolutions, la résolution de problèmes, la corrections de bugs, c’est formidable. C’est important. Je m’en réjouis. Mais je ne ressens plus de frustration lorsqu’ils ne sont pas immédiatement présents.

Et vous, pratiquez-vous la stabilité technologique ?

Auteur : Guillaume

Papa de 2 enfants, je fais des podcasts sur la tech, le développement personnel, la productivité, le lifehacking. Mon blog parle de tout ça à la fois, mais aussi de jeux, et de mes coups de cœur au quotidien.