Pourquoi la réalité virtuelle, c’est pas encore gagné…

Je me trouvais ce soir-là à une présentation de Pint of science à Amiens. Bon, j’avais hésité à y aller parce que je venais de passer une journée assez usante, levé à 4h du matin pour un déplacement professionnel à plus de 2h de route… Mais au final, je devais bien ça à mon esprit curieux, ma formation de scientifique, et en tant que fan émérite de ces entités, telles Podcast Science, qui apportent la science à tout un chacun. Ça valait bien 2€, et le prix d’une pinte.

En effet, la présentation était top. L’ambition était grande : définir l’énergie. Bon, au final, il a été très difficile de définir concrètement ce qu’est l’énergie, au point que l’on n’a pas vraiment eu cette définition.

Mais ce qui m’a suscité l’envie de vous en parler, ce n’est pas tant la présentation en elle-même, qui valait le coup, vous l’avez compris, mais plutôt l’animation prévue à la fin par l’équipe.

Un casque de réalité virtuelle était installé et un concours allait se voir s’affronter différents candidats tirés au sort dans le public. Bon, je ne vais pas rentrer dans les détails du jeu, car là n’est pas encore le sujet.

Là où je veux en venir, c’est que nous avons tous vécu un moment à mi-chemin entre de l’amusement et de la circonspection. 6 joueurs ont participé à tour de rôle et pendant ce temps, toute l’assemblée regardait sur un petit écran.


Et cette scène m’a frappé. Alors que cela fait quelques années que l’on nous parle de la réalité virtuelle comme l’avenir du jeu, j’ai eu la confirmation que ce dispositif n’avait pas encore montré les beaux jours que l’on nous promet.

Jouer à de la réalité virtuelle est à ce stade encore tout sauf de l’immersion car les expériences restent encore totalement individuelles. Et aujourd’hui, je ne comprends pas pourquoi on ne pourrait pas proposer des dispositifs en réalité virtuelle collaboratifs. La même scène, où un joueur a une action à réaliser, mais où toute l’assistance peut profiter de l’environnement virtuel en même temps, je dirais oui. Mais la technologie n’est pas encore là. Dans quelques années, quand tout le monde disposera de son casque, et où l’on pourra partager de scènes virtuelles, alors je m’engouffrerai dedans. Mais cette heure n’est pas encore venue.

En revanche, cette scène a achevé de me convaincre sur le bien-fondé des orientations données par Mark Zuckerberg pour Facebook.

Vivement demain. Mais aujourd’hui, c’est pas encore ça.

Un streetcast : c’est quoi ? Comment faire votre propre streetcast ?

La question est récurrente ces derniers temps et j’ai le sentiment de toujours répondre la même chose. Avec plaisir, évidemment. Mais au fond, s’il y a une demande, autant penser la réponse une bonne fois pour toutes. Voici donc comment commencer votre propre streetcast.

Un streetcast, c’est quoi ?

Streetcast, c’est le nom qu’à suggéré l’ami Tom pour décrire ces podcasts un peu particuliers. Si vous ne savez pas ce qu’est un podcast, imaginez-vous qu’il s’agit de sites qui, au lieu de publier des articles, diffusent des enregistrements sonores, souvent des discussions, ou des vidéos. J’ai d’ailleurs précédemment parlé du fonctionnement d’un podcast dans un précédent article.

Un streetcast, c’est un podcast qui (ce n’est pas une définition officielle mais plus une vision partagée de ce que c’est) rassemble les caractéristiques suivantes :

  • Les épisodes sont courts (20 minutes parmi les plus longs, souvent moins de 10 minutes),
  • Il s’agit de monologues. Le streetcaster parle tout seul,
  • Réalisé en mobilité, uniquement avec un smartphone, de l’enregistrement à la diffusion, avec un minimum de matériel,
  • Le contenu prime sur la forme. Il ne s’agit pas de travailler de multiples jingles, améliorer sans cesse la qualité de la voix, mais plutôt diffuser rapidement un contenu de fond,
  • À ce jour, les streetcasts sont presque toujours des revues de tranches de vie. Évidemment, on pourrait imaginer un streetcast sur un thème en particulier mais quitte à aborder un thème, autant le faire avec la qualité d’un podcast.

Nous sommes nombreux à diffuser des liens vers d’autres streetcasts ; voici une liste au moment où j’écris cet article.

Vous êtes décidé ? C’est tant mieux. Je pense avec du recul qu’il s’agit d’un formidable outil pour faire du journaling, faire des introspections, avoir du recul sur soi.

Tout ce qu’il vous faudra, c’est votre smartphone et peut-être, selon les choix des uns et des autres, un casque avec un micro. Il est aussi possible de positionner votre smartphone au-dessus de votre pare-soleil : le son y est souvent bien capturé. Si vous utilisez le micro du casque de votre smartphone, n’hésitez pas à le garder près de votre bouche, et surtout, abritez-le du vent.

Attention : pour rappel, en France, l’utilisation du smartphone en voiture est strictement interdite, à moins de l’utiliser comme un système de guidage GPS, tout comme l’usage des oreillettes. Faites attention à respecter la loi avec vos dispositifs d’enregistrement : il en est de votre responsabilité.

Comment se lancer (sur iPhone) ?

Sur iPhone, je vous recommande très très vivement l’app Opinion. Je n’irai pas par Quatre Chemins pour vous décrire l’application, l’ami profduweb a fait une excellente vidéo qui vous la présente, elle et sa simplicité, en quelques minutes :

Gardez bien à l’esprit qu’Opinion va vous permettre de tout gérer, gratuitement (avec des épisodes jusqu’à 10 minutes) : enregistrement, montage, et surtout, hébergement et diffusion du flux du podcast. Le fait de payer la version premium vous permettra de diffuser des épisodes de plus de 10 minutes. Le stockage reste, dans tous les cas, illimité.

Opinion vous offrira peu de statistiques, c’est probablement un point faible. Pour voir le nombre de lectures de chacun de vos épisodes, il suffit de vous rendre sur la page de votre streetcast (dont l’adresse termine en .madewithopinion.com) et vous aurez accès aux nombres de lectures (et en cliquant sur le petit pictogramme, à un graphique détaillant son évolution) :

L’affichage (sommaire) des statistiques de lecture sur la page d’un épisode de podcast, avec Opinion.
En cliquant sur le petit graphique, on accède à l’évolution des lectures dans le temps.

Je vous recommande vraiment Opinion pour sa simplicité. Toutefois, si jamais vous souhaitez avoir un peu plus de possibilités, d’outils pour le montage, vous pouvez aussi jeter un coup d’oeil à la solution Spreaker. J’en parle juste ci-dessous.

Comment se lancer (sur Android) ?

Sur Android, il n’y a pas le choix : Opinion n’y est pas dispo. Il faut obligatoirement passer par Spreaker. Spreaker vient lui aussi avec une solution gratuite. La limitation est également sur la durée des épisodes (mais à 15 minutes) mais il y a également une limite de stockage de 15 heures. Ca vous laisse quand même le temps de voir venir : 90 épisodes de 10 minutes. Les versions payantes sont basées sur des abonnements, à partir de 4,99 € / mois.

Spreaker est, de l’aveu de tous, plus complet. Seulement, voilà, pour un streetcast, le mieux peut être l’ennemi du bien : Opinion est un compagnon idéal pour un streetcast car il ne propose justement pas des tonnes d’options qui nous éloignent du principe de départ : diffuser du contenu simplement, rapidement et en mobilité.

Faire connaître votre streetcast

Une fois votre streetcast mis en place, et dès le premier épisode diffusé, récupérez l’adresse du flux de votre podcast. Opinion et Spreaker vous le donneront facilement. Puis, soumettez ce flux avec Podcast Connect. Le streetcast apparaîtra dans le catalogue de podcasts iTunes. Ce n’est certes, pas une finalité, mais cela reste une visibilité incontournable pour tout podcast. De plus, la plupart des lecteurs de podcasts se basent aussi sur iTunes pour cataloguer les créations. De cette manière, vous serez rapidement présent partout.

Voilà, vous savez tout. Si vous vous lancez, ce que vous aurez compris, je vous encourage à faire, n’hésitez pas à déposer ici en commentaire le lien vers votre streetcast.

Pour aller plus loin : comment garder la main sur votre flux

Un des principaux points négatifs d’utiliser des solutions 100% intégrées (comme Spreaker ou Opinion), c’est que le jour où ces services ferment, vous perdez potentiellement la main sur votre podcast.

Aujourd’hui, avec Podcast Connect, que je mentionne ci-dessus, on peut facilement mettre à jour son flux dans les catalogues de podcasts. Toutefois, je vous recommande d’encapsuler le flux de votre streetcast sur un service pour lequel vous aurez la main, même si vous changez de fournisseur ou d’hébergeur.

Le plus connu est feedburner mais on peut y émettre deux alertes : d’une part, c’est un service Google (et comme tout service Google, il peut disparaître) et par ailleurs, c’est un service Google qui n’est plus maintenu. Vous pourrez toutefois trouver probablement des alternatives plus ou moins pertinentes.

L’idée, c’est que c’est votre flux « feed burner » (ou autre) qui sera soumis aux différents catalogues. Si un jour vous souhaitez passer d’Opinion à Spreaker, par exemple, vous pourriez maintenir le référencement de votre podcast dans les catalogues sans changer de flux.

J’ai mis des pubs sur mon site…

Pour celles et ceux qui n’utilisent pas d’adblock, vous avez dû vous en rendre compte, il y a désormais de la publicité sur ce site. J’ai fait en sorte qu’il n’en clignote pas de partout et je me suis appuyé sur la régie Adsense de Google.

Le mois dernier, les clics sur ces publicités m’ont rapporté un peu plus de 10€. Soyons clairs, ce n’est pas une somme incroyable mais c’est de l’argent quand même. On peut projeter que cela représente 120 € par an si le rythme se maintient.

En réalité, n’ayant jamais diffusé de publicité sur mes sites, cela représentait surtout un test, pour voir combien ça rapporte, comment ça s’implémente, et si ça perturbe le trafic. Ce dernier point de perturbation a rapidement été écarté car aujourd’hui, nous avons le choix d’installer des adblocks. Moi-même, j’utilise au quotidien un maximum les adblocks. Je peux donc tout à fait comprendre que vous l’ayez activé sur mon site. Je me dis aussi qu’au même titre que l’on peut vouloir soutenir une émission en podcast, avec un financement participatif tel que Tipeee, par exemple, on peut tout autant considérer de le désactiver pour des sites que l’on souhaite soutenir. Il m’arrive d’ailleurs régulièrement de désactiver l’adblock sur des sites que j’apprécie, voire de cliquer sur des pubs.

Mais cela a eu un effet de bord que je n’aurais pas soupçonné : la présence de publicité et de rétribution me donne envie de diffuser plus de contenu sur ce blog. En réalité, je prends ces retours publicitaires, non comme des sources de financement en tant que tels, mais plus comme des éléments de motivation. L’idée est que ça représente un chouette challenge de faire grandir cette cagnotte et créer du contenu pour cela me paraît une bonne source de créativité.

À ce stade, je m’étais dit que le financement publicitaire me permettrait tout simplement de payer l’hébergement, en partie, de ce site, ainsi que des sites de Tech Café, Relife et Comme des poissons dans l’eau, l’ensemble fonctionnant sur un WordPress multisites. Mais je me dis aussi que cette somme, perçue sur un an, pourrait aussi être consacrée à des actions à plus forte valeur ajoutée, comme soutenir la Quadrature du net, Wikipédia, ou d’autres organisations humanitaires. J’attends un peu de voir si les retours continuent et je verrai ce que j’en ferai. Je voulais en tout cas vous faire part de la démarche.

Et vous, avez-vous installé un adblock ?