Application Bobby : assainissez votre budget en surveillant vos abonnements

Je vous présente un outil qui m’aide beaucoup à avoir une vue sur l’ensemble de mes abonnements et sur l’ensemble de mes dépenses récurrentes. Je veux donc vous parler de Bobby.

Bobby : Track subscriptions
(c’est clair, non ?)

Il s’agit d’une app que j’ai installée sur mon iPhone et qui me permet de lister tous les abonnements auxquels j’ai souscrit. Dans sa version gratuite, l’app ne permet de suivre que 5 abonnements mais un achat in-app de quelques euros vous permet d’en profiter sans limite. L’app est très sexy et ergonomiquement très bien conçue.

L’idée est donc simple : lister tous vos abonnements à des services. On pense spontanément à des Netflix, iCloud, ou même des Spotify mais elle n’a en réalité pas de limite. Vous pouvez également y lister vos assurances, votre souscription annuelle à Amazon Prime, et tous les paiements récurrents. Et c’est d’ailleurs tout l’intérêt de l’app : lister vos abonnements quel que soit le montant, mais aussi la monnaie (euro ou dollars), leur récurrence (N semaines, mois ou années par exemple) mais aussi vous indiquer les dates de prochains prélèvements, et même vous avertir quelques temps avant.

Et du coup, en se prêtant à l’exercice, on pense à pas mal de dépenses que l’on fait sans s’en rendre compte. Dans mon cas, ça m’a permis de réaliser que je payais toujours quelques noms de domaine, chaque année, qui ne me servaient pas et qui ne me serviraient jamais. Pratique se rendre compte qu’il est probablement mieux d’y mettre fin.

Les usages

L’app permet donc, à condition de prendre quelques minutes pour tout lister, d’avoir une vue assez exhaustive de vos dépenses récurrentes, et éventuellement, vous rendre compte de ce que vous pourriez mettre de côté. Attention, il s’agit bien d’entrées manuelles : il n’est pas possible (encore ?) de se brancher sur votre compte bancaire pour aller y lister vos prélèvements. L’idée est donc plutôt de vous proposer un outil qui va vous aider à faire ce recensement.

Si cet usage paraît simple, il est loin d’être simpliste. J’ai cherché un outil équivalent et, à part un tableau Google Spreadsheet, Excel ou Numbers, en mettant de côté la simplicité et l’ergonomie totalement pensée pour cet usage précis, je n’ai jamais de trouvé de solution aussi satisfaisante.

L’app s’avère notamment redoutable pour les abonnements d’essai ou à tarif préférientiel : pour vous rappeler quelques jours avant la fin des 30 jours gratuits de tel service, ou à l’approche de la fin de la première année de votre forfait mobile à prix cassé.

Bobby propose les achats in-app suivants :

  • Débloquer la restriction du nombre d’abonnements (1,09 €) : absolument essentiel pour utiliser l’app une fois qu’on l’a testée
  • Pack sécurité (1,09 €) : pour sécuriser les données avec Touch ID/Face ID/un code et profiter de la synchro iCloud
  • Pack design (1,09 €) : pour personnaliser la police de l’app, utiliser un thème sombre et changer l’icône de l’app.
  • Le tout peut être proposé avec un pack « tout-en-un » à 2,29 €.

Je ne saurais que vous recommander cette app pour faire le point sur vos dépenses, et identifier sur lesquelles vous pourriez faire l’impasse.

Téléchargez Bobby sur l’App Store.

La fin de la Voix de Guillaume

Le 15 août 2016, je diffusais le premier épisode d’un nouveau podcast, qualifié de streetcast, et appelé « La voix de Guillaume« . Après plus de 85 épisodes, plus ou moins intimistes et en tout cas souvent personnels, j’ai décidé de fermer cette émission. J’explique les raisons dans le dernier épisode :

Tl;dl (too long ; didn’t listen) Je n’ai plus le temps, l’envie ou même l’énergie d’animer ce podcast, et souhaite me concentrer sur mes autres productions de contenus (Tech Café, Relife, mon blog, et d’autres projets en cours…).

Cette expérience a été particulièrement enrichissante et m’a beaucoup apporté. J’y ai cumulé pas mal de savoir-faire sur la production de contenus en mobilité.

Au-delà de mon apprentissage, cela m’amène à une réflexion sur la sémantique que représente le streetcast. J’engage les autres animateurs derrière des podcasts qualifiés de « streetcast » d’envisager le fait de ne plus utiliser ce terme. Si vous voulez en parler, vous pouvez nous rejoindre sur la communauté Discord !

À très vite dans de prochaines émissions !

Pourquoi et comment installer un raccourcisseur d’URL ?

L’idée me trottait dans la tête depuis un moment et c’est l’épisode 74 de l’excellent podcast “Votre coach web”, qui traite de ce sujet, qui m’a remis ce projet en tête.

Un raccourcisseur d’URLs c’est quoi ?

On appelle URL (grosso modo) l’adresse dans votre navigateur web, qui amène sur une page d’un site. Un raccourcisseur d’URL, c’est une adresse (courte, en principe), qui renvoie instantanément sur une adresse (plus longue, normalement).

Les URLs raccourcies sont arrivées avec Twitter, qui limitait au départ à 140 caractères les messages (tweets) en comptant, justement, les caractères d’une URL.

Notons que sur Twitter, depuis, le nombre de caractères d’une adresse web est « plafonné » à 23 caractères, et que la limite a été passée de 140 à 280.

Un raccourcisseur d’URLs, à quoi ça sert ?

Ben, vous l’avez compris, à prendre moins de place, qu’il s’agisse de contraintes de tailles telles que celles de Twitter, mais ce type de service peut aussi avoir des effets bénéfiques sur la lisibilité. Par exemple, reconnaissez que le lien vers le même article est bien plus visuellement intéressant en le mettant en avant de la manière suivante :

http://gllmv.de/5

plutôt que de cette manière :

https://www.guillaumevende.me/blog/2017/12/24/5-videos-pour-exercer-votre-sens-critique/

Mais un raccourcisseur d’URLs peut aussi avoir un avantage important lié à l’analyse des clics sur les liens. Par exemple, toujours en prenant comme exemple ce même lien : http://gllmv.de/5, je vais être en mesure de dire combien de fois il a été cliqué. Cela ne garantit pas, bien évidemment, que l’article a bel et bien été affiché (les comportements techniques de la navigation sur internet ne le garantissent jamais à 100%) et encore moins qu’il a été lu, mais bel et bien qu’il a été cliqué.

Evidemment, il existe des outils d’analyses statistiques de sites web, tels que Google Analytics, mais le raccourcisseur d’URL permettra de donner une première vision des clics de manière simple et rapide.

Les services

Il existe de nombreux services permettant de raccourcir des URLs. À mon sens, les deux plus connus et plus utilisés sont bit.ly et po.st. Évidemment, un autre service que beaucoup utilisent sans le savoir est celui intégré nativement à Twitter : t.co. D’ailleurs, ce dernier a une vertu : Twitter vérifie la sécurité des liens qui sont raccourcis avec son service t.co. En gros, vous êtes à peu près sûr (faites quand même attention en général, hein) qu’un lien raccourci en t.co ne mettra pas en péril vos appareils et votre navigation. Ça reste de la théorie hein…

Ces services sont gratuits avec différentes fonctionnalités parfois payantes. Et par ailleurs, sachez qu’il existe énormément d’autres services pour raccourcir des URLs… Je vous laisse explorer les différentes solutions vous-même. Pour ma part, j’ai choisi d’installer ma propre version…

Yourls : votre propre raccourcisseur d’URL…

On le sait, sur le web, il est toujours préférable de posséder vos propres outils, et d’héberger vous-même un maximum d’éléments sur des serveurs sur lesquels vous avez la main et avec votre propre nom de domaine. L’idée est de dépendre le moins possible de la volatilité de services (ou de fonctionnalités de certains services). Il est possible de suivre cette philosophie en installant votre propre outil pour raccourcir les URLs grâce à yourls.

Pour installer ce service, c’est aussi simple que d’installer son propre site avec WordPress. Voici la procédure :

  1. Télécharger les fichiers d’installation de yourls sur votre ordinateur (décompresser le fichier ZIP)
  2. Dans le répertoire usr, dupliquer le fichier config-sample.php et nommer la copie config.php ; remplir le fichier config.php (notamment avec les coordonnées de votre base de données)
  3. Uploader ce répertoire sur le site avec l’url de votre choix (chez moi, j’ai tout envoyé sur le site gllmv.de).
  4. Allez sur votre site ainsi créé en ajoutant “/admin/” à la fin de l’adresse. Suivez alors les instructions.

Les extensions

Yourls est un service qui permet de bénéficier d’extensions ; c’est-à-dire d’ajouts de fonctionnalités. Voici une petite sélection des extensions que j’utilise :

  • Amazon affiliate : pour les affiliés Amazon et intégrer les codes de parrainage Amazon dans leurs raccourcis d’URLs générés par Yourls
  • Change password : comme son nom l’indique, vous permet de changer le mot de passe de l’accès administrateur de votre instance Yourls (ce que l’on ne peut pas faire à la base)
  • Google Safe Browsing : s’appuie sur des technologies de Google pour permettre de vérifier la sûreté des liens vers lesquels renvoie votre installation de Yourls
  • Popular clicks extended : pour des statistiques avancées
  • Pseudonymize Plugin : pour anonymiser les traces que vous collectez (répond notamment à des directives de la loi allemande – et vous aurez remarqué que je m’appuie sur une extension allemande)
  • QR Code Short URLS : permet de générer des QR codes en plus des URLs raccourcies
  • Et l’indispensable (à mes yeux) Random Keywords : pour ne pas être obligé de générer des urls raccourcies de type séquentiel (short.url/1, short.url/2, etc.)

Voilà, vous saurez désormais pourquoi vous voyez remonter des liens que je partage au format gllmv.de, et vous aurez désormais l’assurance de consulter un contenu que j’ai sélectionné et que j’ai explicitement partagé, dans une relative sécurité.

Bright : j’ai mal à mon Shadowrun

Shadowrun est un univers cyberpunk futuriste qui a donné un cadre unique à un jeu de rôles formidable. D’ailleurs, je ne saurais que vous conseiller, si vous êtes aguerris aux jeux de rôles, à vous frotter à ce jeu.

Bright est un film produit par Netflix, qui promettait de faire vivre une aventure en long-métrage dans un univers de ce type. J’en attendais beaucoup lors des différentes annonces. Mais j’y ai vu un énorme paquet de problèmes. Attention, spoilers…

  • Les méta-races (orcs, elfes…) sont amenées d’un coup d’un seul dans un univers dystopique. Il n’y a aucune explication. C’est très déstabilisant.
  • Will Smith est un Will Smith sans limite. Il en est très fatiguant.
  • L’histoire n’a ni queue ni tête. En gros, les héros courent protéger une baguette magique qui n’a pas vraiment de raison d’être…
  • D’ailleurs, beaucoup de détails sont grotesques : par exemple, les méchants imbattables avec des capacités d’arts martiaux incroyables se font réduire en poussière par deux simples flics en moins de 10 minutes.
  • L’elfe qui est protégée tout au long du film, est une réplique inintéressante de Liloo (Le Cinquième Élément). Ça en est caricatural.
  • Les « brights » sont des êtres qui peuvent manipuler les baguettes magiques. Mais, on n’en sait pas plus. Ils n’ont pas de tangibilité.
  • Les rebondissements n’ont ni queue ni tête et les différentes catégories de méchants n’ont pas de saveur.

Je suis assez déçu car j’attendais de la qualité, pour mieux amener et faire connaître des univers tels que celui de Shadowrun, mais honnêtement, ça me fait plus honte qu’autre chose… Bright est un film à oublier.

Il y aura une suite. Dommage, ça n’arrangera vraisemblablement rien. Je suis assez inquiet de voir le fait que Netflix amène ce genre de contenu pour amener du contenu, sous la forme d’un « événement », pour le fait d’amener du contenu.

WordPress : retrouver du CSS personnalisé

Petite astuce rapide pour ceux qui se retrouveraient comme moi, et sans explication particulière, à constater avoir perdu une portion de CSS personnalisé sur leur site WordPress. D’ailleurs, il s’agit surtout d’une astuce pour retrouver à peu près n’importe quoi dans le temps sur internet…

WordPress est un outil de publication de sites web (le plus populaire et probablement le plus utilisé) et permet de mettre en place des thèmes (en gros, le rendu visuel de votre site). On appelle CSS les éléments (justement) de personnalisation graphique de pages web.

Si l’on peut installer des thèmes très facilement sur son site WordPress, il est fortement déconseiller d’en modifier le rendu. En effet, comme les thèmes peuvent avoir des mises à jour, il est fort possible que des modifications que vous feriez seraient écrasées. C’est un peu comme si vous choisissiez de faire du tuning sur une voiture en location : dès que votre voiture serait remplacée, toute votre personnalisation serait à refaire.

Or, il existe, depuis pas mal de temps maintenant, une fonction dans WordPress qui permet de personnaliser « proprement » le code CSS de votre site : il s’agit d’une fonction de personnalisation qui va être prise en compte de manière prioritaire au code de votre site.

Par exemple, pour reprendre l’analogie de la voiture de location que vous souhaiteriez personnaliser, il pourrait s’agir d’accessoires que vous allez pouvoir facilement retirer de la voiture (lorsqu’elle vous est remplacée) pour les remettre sur la nouvelle.

Or, ne me demandez pas pourquoi, cette portion de code a purement et simplement sauté suite à des interventions que j’ai dû faire sur le site. J’avais évidemment sauvegardé le code du site et la base de données mais, si ces sauvegardes sont particulièrement pratiques pour réinstaller le site en entier, elles ne sont pas vraiment pratiques pour ceux qui, comme moi, n’ont pas le temps et l’envie de mettre les mains dans le cambouis. Je voulais juste retrouver cette portion de code et, à moins d’être développeur WordPress, soyons honnêtes : c’est très difficile de retrouver cette personnalisation.

Du coup, j’ai profité du service « Wayback machine » qui n’est ni plus ni moins qu’un service d’archivage périodique de pages web. Il vous suffit de saisir l’adresse du site pour lequel vous souhaitez obtenir un historique et hop, le service vous propose différentes dates où les pages ont été sauvegardées en dur.

Il m’a suffi de retrouver mon site tel qu’il était en novembre, afficher le code source de la page et retrouver la portion de code qui m’intéressait.

Je voulais vous en parler car ce service fait partie des petits outils gratuits et pratiques dont on peut avoir besoin un jour ou l’autre quand on travaille dans le web…

5 ressources en vidéo pour exercer votre sens critique

J’essaie aussi souvent que je peux d’éveiller mon sens critique sur plusieurs thèmes. Le principal est évidemment la santé et la vision de l’homéopathie, de thérapies dites alternatives, d’astrologie. J’essaie, à chaque fois que cela est possible, de le faire dans le respect des visions des autres. C’est d’ailleurs un excellent exercice pour travailler mon sang-froid.

Un des parti pris les plus importants lorsque l’on tente d’améliorer son sens critique, c’est de rester humble et tenter en permanence de remettre en question ce que l’on pourrait avoir acquis comme des certitudes immuables.

J’ai eu l’occasion de consulter plusieurs vidéos cette année sur le sens critique et celles-ci m’ont souvent aidé à poser des mots sur des idées que je ne parvenais pas bien à formuler. Voici ma sélection, accessible (je pense) à tous et qui sera de nature à vous aider à vous poser des questions.

1. An honest liar

On commence par ce documentaire sur la vie de James Randy. Un prestidigitateur qui marchait dans les pas d’Houdini et qui a médiatisé des exercices visant à montrer les mécaniques des charlatans. J’aime beaucoup l’approche par l’exemple qu’il a du emprunter, la personnalité du personnage et la manière dont nous est racontée sa vie notamment sur des facettes très personnelles.

Le documentaire « an honest liar » est disponible sur Netflix.

2. Crétin de cerveau

On change de thème et de format ici en allant sur YouTube avec une série de vidéos de David Louapre, qui anime une chaîne intitulée « Science étonnante » (c’est d’ailleurs aussi le nom d’un blog qu’il alimente, sur des thèmes scientifiques comme vous vous en doutez). Sur la chaîne YouTube vous trouverez une série de vidéos intitulée « Crétin de cerveau« . Il nous liste ici plusieurs biais que peut subir notre cerveau dans différentes situations. C’est parfois drôle et parfois effrayant. Parfois, les deux à la fois.

3. Les lois de l’attraction mentale

Vous avez peut-être déjà vu des pseudo-documentaires à sensation tels que « Le secret des pyramides » ou d’autres documentaires équivalents où l’on vous laisse planer le doute entre science et surnaturel.

L’équipe de la chaîne YouTube « La tronche en biais » à réalisé un documentaire complet de 1h20 faisant intervenir différents experts sur différents aspects des sciences et des sciences humaines. La vidéo a été réalisée avec le soutien d’un financement participatif. Le documentaire « Les lois de l’attraction mentale » est disponible sur YouTube.

4. e-penser : Le vaccin

Un thème un peu plus spécifique cette fois, sur la santé. La défiance de certains quant à la vaccination me fait souvent peur : pourquoi les français doutent-ils autant du bien-fondé de la vaccination ? Si je ne parviens pas vraiment à répondre à cette question, il faut tout de même continuer à faire circuler l’information.

La vidéo de Bruce Benamran sur le vaccin est disponible sur YouTube.

5. L’incontournable chaîne « Hygiène mentale » !

S’il ne fallait retenir qu’une seule ressource (ce serait dur), ce serait peut-être Hygiène mentale. Les vidéos sont très bien réalisées et s’appuient sur des schémas et des illustrations simples (mais pas simplistes).

Mention spéciale pour la vidéo « Athéisme, agnosticisme – Croire ou ne pas croire » qui m’a beaucoup aidé à formaliser des réflexions sur le thème de la Foi. À voir dans sa totalité.

Voir la chaîne Hygiène mentale sur YouTube.

Non, Apple n’autorise pas les développeurs à revendre les données de Face ID

La communauté tech a été émue de découvrir qu’Apple permettait aux développeurs d’applications de recueillir les informations de Face ID, le système qui permet de déverrouiller l’iPhone X avec votre visage. Le spectre d’un Apple, défenseur de vos données personnelles, se muant en un revendeur (ou un grossiste) de vos informations a plané et, je crois, plane toujours. Je vais essayer de donner ici quelques explications et tenter de faciliter la compréhension de tous à ce sujet.

Face ID, comment ça marche ?

Pour bien comprendre de quoi on parle, il est important de rappeler de quoi est constituée cette fameuse fonctionnalité Face ID. Cela tient (en gros) en 3 points :

  1. Les photos (selfies) d’une personne.
  2. Le « mapping 3D » (une carte avec des facettes en 3D) du visage de la personne ;
  3. Une représentation mathématique (un calcul, à base de vecteurs et d’algorithmes constitués de machine learning, notamment pour comprendre les évolutions du visage de l’utilisateur) qui permet, à l’appui notamment (mais pas seulement) des deux points précédents, de déclencher concrètement le déverrouillage de l’iPhone. Ce dernier point étant chiffré et conservé localement de manière sécurisée sur le téléphone.

À quoi ont accès les développeurs ?

Les photos (point 1. ci-dessus) d’une personne étaient déjà accessibles et pouvaient être enregistrées par les développeurs (si l’on donne l’autorisation ou non à l’application).

La représentation mathématique (point 3. ci-dessus) reste uniquement dans l’iPhone, en local. Il n’a jamais (et il ne sera jamais) question de confier ces données aux développeurs.

Qu’est-ce qui change ?

En revanche (et c’est l’objet de la polémique comme de ce présent article), Apple a modifié ses accords auprès des développeurs tiers pour officialiser le fait que ces derniers pouvaient stocker le mapping 3D (point 2.). Il s’agit d’une information à laquelle ils ont toujours eu accès, et ce, sans l’autorisation express de l’utilisateur (contrairement aux photos prises avec la caméra en façade).

Techniquement, rien ne change. Car les développeurs avaient déjà, avec iOS 11, accès à cette donnée. Apple indique simplement, par la modification de cet accord avec les développeurs tiers, qu’ils en sont conscients, et qu’ils autorisent les développeurs tiers à les stocker.

En quoi cela pourrait poser problème ?

Pour les développeurs, c’est surtout un éclaircissement de savoir qu’Apple est conscient qu’ils aient le droit de stocker ces données. Mais au fond, il ne s’agit pas d’une véritable nouvelle information dont ils peuvent disposer et utiliser. Il faut reconnaître qu’aujourd’hui, avec les analyses d’images, les développeurs peuvent tout à fait déduire des émotions (beaucoup plus précisément d’ailleurs) uniquement en exploitant les images (point 1.) sans avoir réellement besoin de mappings 3D (point 2.).

En revanche, l’American Civil Liberties Union, association qui est activement impliquée dans la protection des données à caractère personnel aux États-Unis, (une sorte de CNIL américaine, l’analogie s’arrête à l’intention car les pouvoirs et la structure ne sont pas les mêmes) à l’origine de cette polémique, et qui milite beaucoup dans le bon sens des consommateurs, souligne le fait que malgré les dispositions notées ci-dessus, des risques existent que des développeurs exploitent ces données illégalement, et commercialement. Et évidemment, ils ont raison. Mais ils n’ont pas plus raison qu’avec nos photos, nos vidéos, nos voix, nos emplacements géographiques et de nombreuses autres traces auxquelles les développeurs tiers ont déjà accès… Ils soulignent d’ailleurs qu’Apple a toujours été historiquement bon pour gérer ce genre de pratiques, notamment avec le droit de vie ou de mort d’une application sur l’unique magasin d’applications de l’iPhone.

Alors, pourquoi cette affaire fait-elle du bruit ?

Voici les raisons qui, à mon sens, font polémique dans cette affaire :

  • D’une part le fait que le grand public ne comprend pas ce qui se passe, ce qui change, ou ce qui est fait de leurs données. Au même titre que la plupart des utilisateurs ne comprend pas la nature même de l’intelligence artificielle, ils ne sont pas au fait de la relation entre Apple (ou Google) et les développeurs tiers, et de ce qu’ils ont le droit ou non de faire.
  • Par ailleurs, cette année, vous l’aurez remarqué, l’iPhone X n’a pas véritablement de « gate », de problème emblématique sur le produit ou sur son usage, comme nous avons pu l’avoir par le passé sur des modèles d’iPhones que l’on tenait mal, qui se pliaient, ou qui avaient de gros problèmes d’écrans. A priori, le seul « iPhone X gate », c’est son prix. Mais forcément, en absence de véritable souci, la nature (et la polémique) a horreur du vide et doit se rabattre sur quelque chose, idéalement quelque chose de mal compris.
  • Il reste un problème réel : Apple ne demande pas à l’utilisateur d’une application, au premier lancement de celle-ci, d’autoriser explicitement l’application (et le développeur) à utiliser la caméra dite true depth (qui permet donc ce mapping 3D), comme c’est le cas pour la caméra ou pour la géolocalisation. Apple doit considérer qu’il s’agit d’une nouvelle composante de la caméra en façade.

Au fond, et en conclusion, peut-on reprocher en 2017 à Apple de ne pas vouloir différencier les images captées par une caméra en façade d’un smartphone d’un mapping 3D ?

PS : j’ai rédigé cet article partiellement en réaction à ce que mon ami Mat alias Profduweb a dit dans un épisode de son podcast, le M. Il est basé sur mes recherches et mes connaissances qui méritent toujours d’être précisées ou corrigées. Si vous pensez que ces propos sont incorrects ou incomplets, je vous remercie par avance de m’aider à les améliorer à l’aide des commentaires !

PS 2 : Phil Schiller, vice-Président marketing d’Apple a d’ailleurs réagi en confirmant la teneur de ce présent article.